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  JOURNEE DU 25 MARS 2010 : ANDRE LEO DANS SON SIECLE

une journée d’études passionnante à la faculté des Sciences Humaines de Poitiers

lundi 5 avril 2010

Nous sommes quelques-uns de l’Association à avoir eu la chance de vivre le 25 mars 2010 une journée passionnante à la faculté des Sciences Humaines de Poitiers. Le professeur Frédéric Chauvaud avait magistralement organisé la rencontre de ceux qui s’intéressent à l’importance de notre Léodile Béra devenue André Léo.

Dans la grande Salle des Actes où les tables forment un carré pouvant accueillir une trentaine de personnes, nous avions mis en évidence deux grands portraits de notre héroïne, afin de bien fixer le fil rouge de la journée.

Le matin, des professeurs de la Fac nous ont "contextualisé" (selon le mot à la mode) les activités de notre héroïne, c’est à dire qu’ils ont fixé quelques conditions fondamentales dans lesquelles elle a vécu et agi.

François Dubasque a lumineusement évoqué la Gauche au XIX e siècle, rappelant l’origine de ce mot et montrant que des "gauches" ont existé et ont pu se succéder.

Nathalie Brémand a défini l’image de la femme telle qu’elle a été conçue par les penseurs et par la société du XIX e siècle et quels débats cette image a suscités.

Didier Veillon, spécialiste de l’histoire du Droit, en s’appuyant sur une biographie « musclée » de Joseph Charles Béra, a montré l’importance des juristes dans une ville comme Poitiers, formant une sorte de caste avec ses réseaux et ses aigreurs.

Le professeur Eric-Kocher Marboeuf, partant de sa lecture de « Un mariage scandaleux » a présenté un tableau social et économique de la paysannerie du Montmorillonnais au XIX e siècle, pour en montrer les arriérations et les progrès techniques.

Un jeune chercheur, Nicolas Rumeau, a parlé du développement de la presse poitevine durant le siècle de André Léo, entre 1830 et 1889. Soutenu par des projections de premières pages de journaux, son exposé a montré aussi l’évolution de leur présentation, des thèmes abordés et de leur influence dans la société.

Tout cela a été suivi attentivement par les intervenants, mais aussi par des étudiants et étudiantes dont certaines ignoraient le nom même de André Léo, et par les membres du Bureau de notre Association : il y avait Francine, Colette, , Mme Babinet notamment.

Chaque communication ne devait pas dépasser 20 minutes et Monsieur Chauvaud, avec beaucoup d’humour, signalait le moment où il allait falloir s’arrêter.

L’après-midi, c’est donc aussi sous la forme d’exposés de 20 minutes (dur, dur !!!) que nous avons tracé la trajectoire de Léodile.

Je me suis efforcé de montrer qu’elle a pu bénéficier des excellentes conditions de développement intellectuel offertes par sa famille et que des événements personnels l’ont amenée à entamer une belle carrière littéraire.

Alice Primi, une sympathique prof d’un lycée de la région parisienne, avec laquelle nous avons fait connaissance, nous a exposé le combat journalistique de André Léo pour lutter contre le statut imposé à la femme et en faveur de la démocratisation de la vie politique.

Une étudiante, Pauline Chaintrier, a fait une sorte d’inventaire des thèmes ethnologiques et sociaux développés dans "Un mariage scandaleux"

Pierre a dû rapidement rappeler le rôle de André Léo durant la Commune, préciser de quel socialisme elle était porteuse et expliquer pourquoi elle a été isolée à la fin de sa vie.

Une courte discussion a permis de mesurer combien la connaissance de André Léo -sa biographie surtout- est encore incomplète et doit donner lieu à des études approfondies, d’étudiants par exemple...

Gilles Malandain, un professeur exercé à la synthèse, a pu répondre à un étudiant qui demandait les raisons de s’intéresser aujourd’hui à André Léo. Il a nettement affirmé combien notre Mélusine du XIX ème siècle a été en fin de compte, plus prolifique et plus doctrinale que sa compagne Louise Michel.

L’ambiance fut excellente, les débats intéressants mais forcément trop courts, et Monsieur Chauvaud a été un « chef de choeur » virtuose. Un déjeuner partagé par les intervenants au Restaurant « Cappucino » a permis d’établir des relations amicales entre le monde universitaire et notre Association, qui pourront être utiles pour la suite. Car Frédéric Chauvaud est plus que jamais favorable au Colloque et il a émis l’idée, pour des raisons financières, de compter cette journée du 25 mars 2010 comme la première Journée du Colloque de l’été 2011.

J’ajoute que Jean-Pierre Hattermann avait répondu l’après-midi à mon invitation. En tant que comédien au Théâtre de Fontaine-le-Comte, il est intéressé par la version théâtrale de Marianne dont un exemplaire appartient à l’Association.

Louis Vibrac